The Last of Us 2 : le bouleversant chef d’oeuvre de Naughty Dog ! Mon TEST

The Last of Us aura marqué toute une génération et l’industrie du jeu vidéo, durablement. Résonne encore en nous la violence de l’histoire d’Ellie et Joel, la profondeur de leur relation et ce choix qui a changé la couleur de leur monde… La suite des aventures de ce duo au parcours si fort était attendue par tous ceux qui ont été touchés par cet univers post-apocalyptique. La seule peur était : sera t-elle à la hauteur du chef d’oeuvre de Naughty Dog élu jeu de la décennie ? Réponse.

The Last of Us sera disponible en exclusivité sur PS4 le 19 juin 2020.

Entre un père et sa fille

C’est étrange de reprendre cette aventure pratiquement là où on l’a laissée… Le monde post-apocalyptique dans lequel vivent nos héros n’a pas tant changé et à la fois tout semble plus sombre, plus dur… Tout comme Ellie est restée la même et se dévoile à la fois si différente de la petite fille s’émerveillant de tout dans The Last of Us. Et Joël, qui a pris de la bouteille et qui est devenu bien plus protecteur envers la jeune-fille que celui qu’on a connu au début de leur relation, cet homme dur et torturé par son passé…

Oui, on les retrouve ici avec énormément d’émotion. On a presque l’impression de retrouver de vieux amis pour qui on s’est inquiétés des années sans avoir de nouvelles… C’est fantastique, la manière dont le pont est créé avec le premier épisode. Passé ce sentiment de retrouver un peu sa famille, premier constat : c’est somptueux. Effets de lumière, détails dans les décors, soin apporté à chaque petite chose, grandeur des paysages…C’est magnifique. Mais le plus impressionnant je dois l’avouer reste les visages des personnages… Les émotions sont là, dans leur regard. On sent la colère, l’amour, la haine… Et dans leur attitude aussi, on ressent les sentiments des personnage comme s’ils existaient… Oui ils sont là, ils sont vivants.

Les dialogues sont d’ailleurs toujours très travaillées et naturels et on a presque envie de participer aux conversations entre les héros tant ça parait normal… Naughty Dog a cela de fort d’arriver à écrire ses personnages avec tant de talent qu’on croit les connaître, on se sent proche d’eux, et on a l’impression de véritablement vivre l’aventure avec eux au point de ne plus avoir la sensation de jouer à un jeu vidéo… C’est rare.

Ellie est évidemment au cœur du jeu et désormais c’est elle que le joueur incarne… Tout commence 4 ans après la fin de The Last of Us, la petite fille est maintenant une femme, elle a 19 ans et vit à Jackson entouré de ses amis dont notamment Dina que vous avez pu découvrir dans les trailers du jeu et dont notre héroïne est très proche… Mais au delà des histoires de cœur, The Last of Us 2 raconte quelque chose de bien plus grand, de bien plus fort. Oui, des choses extrêmement importantes vont arriver et Ellie va être confrontée a tout ce qui salit le monde : la colère, la haine, l’envie de se venger… Je cite les propos de Neil Druckmann, réalisateur du jeu :
« Ellie veut obtenir réparation et voir les personnes responsables punies, quitte à s’en charger elle-même. » Et cela, vous allez le ressentir à travers elle.

Evidemment il n’y aura aucun spoil dans ce test je vais donc me concentrer sur mon ressenti général en évoquant les grandes lignes de l’histoire et sur le gameplay du jeu.
Je reviendrai néanmoins sur ce qui pour moi est le plus marquant dans le jeu de Naughty Dog. Mais vous le savez, le studio sait raconter des histoires, et l’intérêt d’une histoire est qu’il faut évidemment la vivre : concrètement, même si je vous racontais The Last of Us 2, vous ne pourriez pas comprendre l’enjeu, c’est une aventure qui se vit, bien plus encore que The Last of Us. Elle est cérébrale. Et je n’ai aucun doute sur le fait que chacun d’entre vous y trouvera un peu de soi….

Un gameplay fidèle

Je le soulignais dans ma preview, le gameplay de The Last of Us 2 n’a pas énormément évolué dans le global mais il apporte quelques subtilités qui changent tout. Ici, Ellie peut sauter, ramper et nager, alors qu’elle avait peur de l’eau dans le premier opus. Une évolution naturelle qui apporte non seulement au scénario mais aussi a la jouabilité qui gagne en intérêt.
On peut passer sous des véhicules, se faufiler entre deux éléments, mais aussi trouver son chemin sous l’eau… Le titre a gagné en verticalité et il n’est pas rare de devoir chercher quelques minutes avant de trouver par où passer pour avancer, ce que je trouve intéressant dans la mesure où le joueur doit explorer son environnement pour comprendre quoi faire : casser une vitre pour accéder à une autre pièce, passer par ce petit trou dans le mur ou escalader par ici…

On pourra aussi utiliser des cordes pour s’y suspendre et descendre, monter ou encore se balancer et atteindre des lieux jusqu’alors inaccessibles. Clairement, tout est plus dynamique. D’ailleurs, le système de combat gagne aussi en nervosité puisqu’Ellie peut esquiver et contre-attaquer à travers une « attaque éclair » qui inflige de lourds dégâts lorsqu’on arrive à la placer.

Evidemment, le crafting est toujours de la partie et vous avez pu constater qu’on pourra confectionner les objets qu’on connaissait déjà dans The Last of Us comme des cocktails Molotov, des bombes, des armes de défense au corps à corps, des soins, des flèches dont des explosives ou encore, petite nouveauté, un silencieux utilisable plusieurs fois. Il y a de nombreuses options grâce aux ressources que vous allez ramasser mais ce sont aussi vos capacités qui vont vous donner plus de possibilités. D’ailleurs Ellie pourra retenir son souffle quand il le faut pour viser plus juste par exemple.

Pour rester au rayon des aptitudes notez que vous allez pouvoir faire évoluer votre héroïne à travers plusieurs branches bien distinctes : confection, furtivité, survie, précision, explosif qui se débloqueront en trouvant des manuels d’entraînement qu’on trouvera sur son chemin, de la même manière que dans The Last of Us premier du nom. Vous pourrez faire évoluer chaque aspect en consommant les fameuses pilules toujours de la partie. A partir de là, le gameplay va devenir de plus en plus intéressant.

Il faut savoir que ce deuxième épisode est très axé sur la furtivité et il est vrai qu’on se rend vite compte que passer en pantoufles est parfois nécessaire si on veut s’en sortir. En effet, au delà des Claqueurs, Rôdeurs et Coureurs on découvre entre autres le Puant, celui-ci diffusant un nuage acide brûlant autour de lui. mais il y a aussi les survivants qui ne font pas de cadeaux. Deux factions vous donneront du fil a retordre : les Scars et les militaires de la WLF. Autre nouveauté, certains d’entre eux sont d’ailleurs accompagnés de chiens qui pourront vous repérer très facilement grâce à votre odeur… Mais ce qui m’a surtout frappée dans ces moments-là, ce sont les prénoms des ennemis, jusqu’aux chiens : en effet, les ennemis s’appellent tous par leurs prénoms pendant ces séquences et on a la sensation que Naughty Dog veut sensibiliser le joueur sur « l’Autre ». Celui qu’on ne connait pas mais contre qui on a la haine parce que… en fait parce qu’on ne le connait pas. On comprend vite là où le jeu vous amener et c’est fait de manière brillante.

Enfin, on va toujours ramasser des éléments, pièces détachées et autres outils pour améliorer nos armes via des établis
Néanmoins, je le disais déjà dans ma preview, ces passages sont beaucoup plus travaillés qu’avant : l’interface est quelque peu épurée et, détail important à mes yeux, on va directement voir les armes dans nos mains : on nettoie son arme, on peut la regarder et en voir tous les petits détails, bref c’est très classe. Tout comme on allumera une petite lampe d’appoint en arrivant sur les établis, ce qui donne encore du cachet à ces séquences, et j’avoue apprécier ce genre de choses cela rend ces moments très satisfaisants. Pour finir avec l’arsenal de notre personnage, on retrouvera des armes classiques, néanmoins on constate que l’arc est bien plus facile à manier, ce qui rend l’expérience très agréable d’autant que c’est un outil parfait pour agir tout en discrétion…

Un univers sublime et hostile

Le monde de The Last of Us 2 ressemble beaucoup à celui de The Last of Us forcément néanmoins tout est plus grand. Les environnements sont plus vastes et beaucoup plus ouverts de sorte qu’on ne sait plus ou donner de la tête : on va passer par certaines zones où on a envie de tout visiter, c’est d’ailleurs conseillé pour ramasser une maximum de choses, trouver des munitions, des coffres forts, et on se retourne mille fois pour voir si on a pas oublié de fouiller cette maison ou ce recoin là-bas…
Certaines zones m’ont d’ailleurs fait un peu penser à Uncharted 4, un peu à l’image de Madagascar par exemple.

Les dimensions, dans tous les sens du terme, n’ont plus rien à voir avec The Last of Us. Plus réaliste, plus brutal, plus sombre et plus cohérent, l’univers de cette suite montre à quel point Naughty Dog voulait aller plus loin encore…Une fois de plus dans tous les sens du terme. Le mot qui me vient à l’esprit est viscéral. C’est ce qui a rythmé mes heures sur le jeu.

Mais le plus frappant, c’est l’atmosphère : les sons. L’ambiance pesante qui vous enveloppe du début à la fin. Que ce soit dans une forêt la nuit, sous la pluie, ou dans une grand zone habillée de verdure, l’atmosphère du jeu est folle. On est plongé dans ce monde post-apocalyptique où résonne parfois le silence, parfois le vent, l’aboiement larmoyant d’un chien au loin, ou encore un grincement à peine perceptible qui vous collera un mal de ventre tenace jusqu’à découvrir et tuer ce qui le provoque… Mais bon sang vous êtes dedans.
Naughty Dog raconte son histoire à travers des personnages et des dialogues superbement écrits mais aussi à travers des environnements, des paysages, une ambiance, les marques du temps qui offrent le reflet d’un monde hostile : ruines, cadavres, vestiges d’une Terre où la nature a repris ses droits et où l’espoir est une denrée rare. Malgré la lourdeur du contexte, on se surprendra malgré tout à contempler certains lieux sublimes qu’on traversera, lorsque la lumière passe à travers les branches des arbres dans cette forêt par exemple et que le vert de la nature drague littéralement les yeux…

Mais ce qui est fort c’est qu’on passe de cette éblouissement à la peur féroce lorsque des monstruosités croisent votre route. Certaines séquences me font encore frémir tant elle sont lourdes à vivre, tant on se retrouve écrasé par la tension palpable… Le rythme est sacrément parfait. On passe parfois d’une minute à l’autre du gunfight à la furtivité entre survivants et infectés et à chaque moment on se sent en danger : le maître mot est la Peur. Et certaines rencontres resteront gravées dans ma mémoire tant je l’ai eu collée au ventre….

Une expérience viscérale

The Last of Us 2 est un jeu qui est là pour vous secouer. Il met volontairement celui qui tient la manette à rude épreuve, le confrontant à lui-même et aux conséquences de ses actes. Effectivement, la violence est de mise, mais elle sert le propos. J’ai rarement ressenti cela, j’étais réellement plongée dans une vraie tourmente complètement coupée en deux et je ne savais plus très bien quoi penser.

On pourra noter dans les points moins satisfaisants que la musique de Gustavo Santaolalla reste trop en retrait contrairement au premier épisode qu’elle sublime littéralement et où elle est un argument de taille. Ici, on ne retrouve que des bribes de ses accords et même si l’ambiance sonore fait le job on aurait apprécié davantage de présence sur cet aspect.

Quelques longueurs sont également à noter au tableau des choses qui font moins plaisir, néanmoins, à aucun moment je n’ai souhaité accélérer le temps. Car chaque minute avait du sens, chaque scène était bien racontée et lorsque j’ai posé la manette à la fin de ma partie, je n’ai eu qu’une seul envie : rejouer. La palette d’émotion à laquelle le joueur est confronté est forte et je ne peux que vous envier d’avoir encore à la découvrir. La vivre pleinement.

Le scénario de Naughty Dog vous tiendra en haleine de bout en bout. Maîtrisé, haletant, tantôt touchant, tantôt bouleversant, poussant le joueur dans ses retranchements, il ne vous laissera pas sortir indemne.
Car le studio a décidé de surprendre. De trahir parfois. Et au bout du compte, même si on a parfois la rage au fond du ventre, on accepte, on écoute, on joue, parfois les mains tremblantes… et on applaudit. Vous serez pris littéralement aux tripes, et quelle que soit votre sensibilité, vous serez touché. The Last of Us 2 donne une leçon. Et vous en ressortirez peut-être changé… ou au moins ébranlé.

On se demandait si The Last of Us 2 arriverait à surpasser le géant The Last of Us. C’est chose faite, et les doigts dans le nez !
Puissante, viscérale, cette suite met en lumière le talent de Naughty Dog qui raconte une histoire forte, profondément humaine avec un vrai propos. Au delà d’un gameplay maîtrisé et de l’univers sublime du jeu, le joueur est poussé dans ses retranchements, face à lui-même, la rage au ventre, les larmes aux yeux et la tête à l’envers. Un chef d’oeuvre, un point c’est tout !

POINTS FORTS

Un monde sublime et cohérent
Une atmosphère incroyable
Un scénario puissant et maîtrisé
Des personnages forts
Une qualité d’écriture au sommet
Un gameplay ultra satisfaisant
Des ennemis terrifiants
Une expérience viscérale

POINTS FAIBLES

Quelques longueurs
La musique de Gustavo Santaolalla trop en retrait

MA NOTE

Carole

Admin

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